Chimères d'une fée

Toutes mes petites poésies, mes écrits, et aussi quelques bribes de ma vie

20 mars 2007

Tania Part One

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  Le garçon là bas, adulé, souriant, entouré de toutes ces personnes, c’est quasi la vedette du lycée. Le garçon là bas, est un proche ami à moi, il me comprend, m’écoute, m’offre son épaule dans les pires moments. Le garçon là bas, je lui donnerai mon cœur et ma vie, mon sourire et mon être. Le garçon là bas, aime d’autres garçons…

  Moi c’est Tania, petite brune plutôt discrète. On m’aime bien, on dit de moi que je donne l’impression d’une petite sœur qu’il faut couver et protéger. Toujours souriante, comme lui là bas, à la différence que je porte un masque théâtral. Saviez-vous que parfois les plus grands désespoirs se cachent derrière les petits malheurs ? Vous le savez à présent. Mais tout le monde ne peut pas s’en rendre compte, il vous faut dans votre entourage, la parole évangile. Moi je l’avais, cet ange porteur de la parole sage, et elle s’appelait Rachel. Ce qu’elle était jolie…Pas plus grande que moi, mais un visage angélique, de grands yeux verts, une petite bouche qui devait sans doute avoir le goût de cerise. Elle aimait bien la cerise, Rachel.

  Rachel n’avait pas eu que des bons moments dans sa vie. Elle avait été placée dans un centre, ses parents avaient été incapables de s’occuper d’elle. Alors, elle ne trouvait pas sa place, se sentait inutile, pensait qu’elle était une erreur non voulue. Et alors, je lui répondais : Si tu étais une erreur, tu ne serais pas aussi jolie. Elle souriait. Son seul plaisir dans ce centre pour ados, c’était de se poser dans un coin pour aller manger ses cerises. Elle disait aussi qu’elles avaient la couleur de l’amour qu’elle n’avait jamais connu. Et alors, je ne lui répondais pas. Rachel n’avait pas eu de parents. Alors, quand je lui racontais mes ennuis et que je m’excusais par la suite puisque je les trouvais disproportionnés par rapport aux siens, elle me répondait toujours « Il n’y a pas de petits problèmes dans la vie. »

  Tous les jours, elle me disait qu’elle voulait en finir avec la vie, son ennemie. Moi bien sûr, je ne voulais pas, mais je lisais dans ses yeux perdus cette lueur de désespoir, ce n’était pas des paroles en l’air. Puis un matin, Rachel ne vint pas au lycée, ni le jour suivant, ni le jour d’après. Je ne voulais pas me rendre au centre, j’avais peur qu’elle ne s’y trouve pas, peur de n’y voir que son ombre mangeant des cerises. Et alors, on me convia à son enterrement. Rachel avait erré à contre sens sur l’autoroute.

  Quelques semaines plus tard, je retombai sur une lettre qu’elle m’avait écrite un mois auparavant, et telle une prophétie ou un signe divin, elle finissait par « Je serai toujours près de toi, toujours dans ton coeur » Mais…. Il n’était pas encore temps pour elle de rejoindre les anges.

   Savez-vous que parfois les plus grands désespoirs se cachent derrière les petits malheurs ? Le mien se cache derrière un petit sourire. Le garçon là bas, ne m’aimera jamais. Et bien soit, je vais m’y faire, la souffrance n’est rien comparée à l’agonie.

  Moi c’est Tania. Comme tous les ados de mon âge, j’ai mes problèmes aussi. A la différence de mon ange Rachel, j’ai des parents. Mon père, il croit qu’il peut jouer avec l’amour de ma mère. Il va, il vient, que ce soit le jour de Noël ou de mon anniversaire. C’est pas grave, il s’en fiche, il y a sa maîtresse là bas. Et moi, je dis rien. J’ai jamais été douée pour réconforter les gens. Alors quand ma mère pleure, je pleure en silence. Mon père, il croit qu’il aurait pu nous placer à la DASS quand ma mère a fait sa tentative de suicide. Et moi, je dis rien. Je m’en fiche, je n’ai plus rien à perdre, plus rien à vivre. Je n’existe plus, je ne suis qu’une petite luciole éteinte. Je suis là, mais on ne me voit pas parmi les autres lucioles. Vous savez quoi ? Je m’en fiche, je m’y suis fait . Et puis, j’aime pas la vie, mon ennemie.

…A suivre

Posté par Satinette à 10:35 - Petits écrits - Commentaires [0] - Permalien [#]

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